Ma semaine de Locavore, défi relevé !

Défi locavore 2

Ça veut dire quoi être locavore ?

Par définition, un locavore est une personne consommant de la nourriture produite dans un rayon de 160 kilomètres maximumautour de son domicile.

Pour mon défi d’une semaine dans la peau d’une locavore, je me fixe donc comme objectif de ne consommer que des produits originaires d’Ile de France !

Tout a débuté  lundi matin, par un « vous n’êtes pas dans la réalité mademoiselle » lancé violemment par la  vendeuse d’un magasin Bio, situé rue du Cherche Midi dans le 7ème !

Après plusieurs réponses de ce type dans différentes enseignes Bio, je suis quelque peu déconcertée et tire un premier bilan de cette expérience : BIO et LOCAL n’ont finalement aucun point commun, c’est un peu comme si je commandais un hamburger dans une pizzeria… Improbable !

Mais quel intérêt de consommer bio si le produit désiré nécessite des milliers de kilomètres de transport ? Bref ce n’est pas le débat pour cette fois mais il y a débat.

J’allais donc dans la mauvaise direction. Mais où faire mes courses locales en ce lundi matin alors que les ¾ des magasins sont fermés et tous les marchés OFF ?

Résignée, je me dirige vers la grande épicerie de Paris, prête à m’endetter pour pouvoir manger ne serais-ce que des pommes de terre… Et là 2ème déception, personne ne sait me renseigner sur la provenance des produits… Je trouve ça dingue ! On me dit « c’est français c’est déjà bien, non ? »

Oui biensur mais pas suffisant pour moi cette fois…

Je perds patience, la faim commence à me travailler, je m’imagine dèjà dans l’obligation de jeûner pendant 1 semaine, mais je me dis que je dois être persévérante, je vais trouver quelque chose, c’est sur !

Et là par hasard, sur mon chemin, alors que je suis à 2 doigts de l’hypoglycémie, je demande à un primeur sans vraiment y croire si par le plus grand des hasards il aurait des produits originaires d’Ile de France…

OUI ! Il me dit OUI !!!

C’est génial, ça s’appelle L’Orangerie du Vieux Sèvres et ils précisent pour chacun de leurs fruits et légumes le pays d’origine mais également la région ! Je suis sauvée !

Je n’aurais jamais pensé que quelques pommes de terre, des tomates et un peu de salade me remplirait de bonheur à ce point !

Ça y est je l’ai mon déjeuner… Light certes mais c’est un début !

Remotivée, le lendemain matin je saute sur un Vélib, direction :  l’Echoppée Locale (un tout nouveau concept d’épicerie 100% local).

Défi locavore

 

Le magasin vient d’ouvrir donc le choix n’est pas monstrueux mais les produits ont tous l’air super bons, j’adore être Locavore !

Juste un peu déçu de ne pas y trouver d’œufs ou de produits laitiers parce que comme je ne mange pas de viande mon choix commence à être vraiment limité ! Par contre je fais le plein de soupes, je tente de la terrine de truite, des petits gâteaux au beurre et des pommes.

Je ne suis pas rassasiée pour autant et je remonte sur mon vélo vers le marché d’Aligre réputé pour ses producteurs locaux.

J’arpente les allées en mode mono-maniaque : “Bonjour. Je voudrais savoir d’où viennent vos produits ?”

Les gens me regardent, étonnés ou gênés… et toujours pas d’œufs ni produits laitiers, pfff !

Sur mon retour, je fais un stop chez mon petit fromager de quartier et, comme je l’avais présentie, j’ai le choix entre un brie de Meaux et…. Un brie de Melun, waouh j’hésite…

Toujours pas d’œufs mais des yaourts natures et du pain !

Je crois que je suis équipée pour la semaine….

Les jours passent, je résiste à l’inauguration du Salon du Chocolat sans flancher, je décale 2 déjeuners et me voilà vendredi !

Plus que 2 jours et comme je suis très prise par mon job (je ne vis pas encore de ma passion pour le Local…), je choisi de retourner acheter du fromage et quelques fruits et légumes chez les commerçants de mon quartier !

Vendredi soir, je transforme mon diner resto en repas At Home ou je cuisine pour mes amis et me contente d’une jolie salade fraîcheur, c’est de saison ! Mes amis sont morts de rire et s’amuse à essayer de me tenter… Je reste de marbre !

Samedi soir, anniversaire de mon amoureux, cette fois aucune alternative n’est envisageable : j’ai fait « repas à part » toute la semaine je ne peux pas lui imposer une soupe moulinés aux petits légumes ce soir… donc tant pis je l’emmène au restaurant et puis c’est tout ! Mais je me permets quand même d’interroger le serveur sur la provenance de ses mets… Mon copain inquiet, se demande si  je ne souffre pas de troubles obsessionnels compulsifs !

Dimanche, le dernier jour est arrivé, je termine mes maigres provisions locales et je réfléchis à ce que ce défi m’a apporté…

Principalement 3 conclusions :

Pour être locavore, il faut du temps : le temps de trouver les bons produits, et le temps de les cuisiner !

Il est difficile de combiner son régime de locavore et sa vie sociale , pas évident de maîtriser le contenu de son assiette en dehors de chez soi.

Etre locavore à Paris, nécessite de se priver de nombreux produits et même si la région n’est pas si pauvre que je le pensais j’aurais préféré faire cette expérience dans le Sud-Ouest de la France !

Malgré ces quelques contraintes, mon bilan personnel est positif, j’ai redécouvert le goût des bons fruits et légumes, et retournerais maintenant avec plaisir chez mon petit primeur.

J’ai également découvert la gastronomie de ma région, et je suis contente d’avoir contribué, à ma petite échelle, au développement des producteurs locaux.

Et puis surtout, j’ai repris le temps de réfléchir à mon alimentation, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas dans une ville comme Paris où tout va vite et ou la plupart du temps je mange pour me nourrir et en un minimum de temps !

Un défi très enrichissant donc et qui m’a donné envie de poursuivre mes recherches pour découvrir de nouveaux produits locaux ! D’ailleurs, si quelqu’un sait me dire ou je peux trouver des œufs d’Ile de France, je prends !

Cette expérience, même sur une courte période, m’a vraiment permis de réaliser les enjeux liés à notre alimentation, que ce soit pour notre corps, notre santé, pour le maintien de la production locale ou plus globalement pour la préservation de notre planête !

Pour éveiller la conscience collective, nous devrions lancer 1 semaine nationale 100% Locavore ?

Oscar Wilde disait: « Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles. »

Visons le 100% Locavore, au pire nous consommerons 100% Français et ce sera déjà un grand pas !

Ravie par la réalisation de ce défi, je vous en prépare un autre tout aussi croustillant pour très bientôt…. A suivre….

Vos remarques, commentaires et expériences sont les bienvenues !

17 thoughts on “Ma semaine de Locavore, défi relevé !

  1. Bravo ! Félicitations Julie !
    Je ne doutais pas une seule seconde de ta capacité à t’en sortir.
    Une seule chose est dommage : que cela semble si compliqué et tellement contraignant de vouloir consommer local.
    Une idée de business à suivre…

  2. Bonjour Julie,
    Je découvre ce blog par hasard, et je trouve l’idée des défis super !! On essaie avec mon copain de manger le plus local possible : habitant dans la drôme qui est un département dont la production agricole est tout de même importante (premier producteur bio de France, soit dit en passant !!), ça ne devrait pas être si compliqué… et pourtant ! Pas toujours évident, au fil du temps on a trouvé les endroits où s’approvisionner mais ils sont rares…

    Mais ce n’est pas le plus difficile, et tu soulignes dans ton article : le plus compliqué à mon avis c’est clairement la vie sociale, le regard des amis / de la famille quand on essaie de les sensibiliser, même à des notions simples !

    J’ai un peu l’impression qu’on est loin du changement de masse, même si le bio ne s’est jamais aussi bien porté et qu’on surfe sur une lame de fond plutôt positive…

    Merci en tout cas pour ces témoignages, je file lire la suite du blog !

  3. Une des premières choses à faire si l’on veut manger local, c’est de s’inscrire à une Amap ! Les agriculteurs ne viennent pas forcément tous d’Ile-de-France, mais au moins ils ne sont pas trop loins de Paris (le mien est à 90km, en Picardie). Via ce réseau, on peut avoir des légumes, fruits, parfois oeufs, viande, farine… déjà pas mal, non ?
    Ensuite dans le réseau Biocoop (je n’ai pas d’actions chez eux, je suis juste cliente), on trouve assez facilement quelques produits assez locaux (j’entends par là dans un rayon de 50 à 200km : pain, fromage…).
    Maintenant le vrai pari serait de manger local 1 an (juste français, ce serait déjà dingue). Exit café, thé, oranges, bananes… et beaucoup de pommes (du chili), pommes de terre (d’israel), et autre choses qu’on croirait benoîtement bien de chez nous…!

    1. Merci de partager ton expérience avec nous ! Effectivement maintenant je vais essayer de continuer à manger local ou du moins français.. ça me semble fou parfois de trouver du Bio venu de l’autre bout du monde par exemple… Du bon-sens quoi !

  4. Bonsoir julie, ton article est tres interesant et drole en meme temps,on reconait la passion. Je voulais te donner une info le marche devant le palais de tokio les mercredis et samedis tot le matin! en legumes joel thibaud est a 20km de paris et sandy en fromages et autres produits laitiers(brevis,chevre et outres vaches non pasteurises), sont des tres bons profesionels.
    ala prochaine

  5. Je confirme, dans le sud ouest, on peut manger que local et on trouve des produits variés…. les amap offrent la possibilité aux consommateurs tentés par le local d’avoir un seul lieu de collecte pour un maximum de produits locaux en plus souvent bio!

  6. Merci pour ton article 🙂 je suis en banlieue proche de Paris et j’ai rencontré les même soucis d’approvisionnement du coup ca devient très compliqué de consommer local… à force de chercher on se fait un petit réseau genre la mamie qui à 5 poules me vends des oeufs (quand elle en a de trop lol) du coup je me suis mise à planter (framboises, groseilles tomates…) dans mon jardinet et à échanger avec d’autres voisins je donne des framboises et je reçois des abricots, haricots verts contre prunes :):) pour la viande j’ai abandonné … même en AMAP le prix au kg dépasse mon budget …
    les AMAP discount ne sont pas encore arrivé… j’en suis juste à consommer made in france et surtout de saison.

  7. Bonjour,
    Je viens d’aménager à Paris après 1 an et demi de vie à Lyon où j’arrivais toute l’année à manger 70% locavore: entre les épiceries locales et le marché c’etait au top. J’avoue que je suis un peu dépitée ici car il est très dur de manger local à Paris. Merci déjà pour tes deux adresses c’est une aide. les amap sont bien aussi mais vite pleines et on a pas le choix. des fois je me dis qu’il faudrait ouvrir une épicerie locale mais vu le prix des loyers à paris… Mais une chose est sure: c’est une des meilleures solutions pour l’avenir

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